Du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016, l’Eglise catholique célébrera une Année Sainte extraordinaire. Ce « Jubilé de la Miséricorde » débutera par l’ouverture de la Porte Sainte à la basilique Saint-Pierre de Rome, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception et se terminera par la solennité du Christ Roi.

L’annonce d’une Année Sainte extraordinaire a été faite à l’occasion du deuxième anniversaire de l’élection du Pape François, durant l’homélie de la célébration pénitentielle par laquelle le Saint-Père a lancé l’initiative « 24 heures pour le Seigneur ». Proposée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Evangélisation, celle-ci promeut dans le monde entier l’ouverture extraordinaire des églises pour inviter à l’adoration du Saint-Sacrement et la célébration du sacrement de réconciliation. Le thème de cette année est tiré de la lettre de Saint Paul aux Ephésiens : « Dieu riche en Miséricorde » (Ephésiens 2,4).

Jubilé extraordinaire - Année de la miséricorde


Le Pape François annonce un « Jubilé de la Miséricorde »

L’ouverture du prochain Jubilé se fera à l’occasion du 50e anniversaire de la clôture du Concile oecuménique Vatican II, en 1965, et pour cela il revêt une signification particulière qui pousse l’Eglise à continuer l’oeuvre entamée par Vatican II.

Pendant le Jubilé, les lectures pour les dimanches du temps ordinaire seront tirées de l’Evangile de saint Luc, "l’évangéliste de la miséricorde". Dante Alighieri le qualifia de "scriba mansuetudinis Christi", "narratore della mitezza del Cristo". Sont très connues, dans l’Evangile de la Miséricorde de Luc, les paraboles suivantes : la brebis égarée, la drachme perdue, le père miséricordieux.

L’annonce officielle et solennelle de l’Année Sainte sera faite par la lecture et la publication, près de la Porte Sainte, de la Bulle, le dimanche de la Miséricorde Divine, la fête instituée par Saint Jean-Paul II qui est célébrée le dimanche après Pâques.

Autrefois, chez les Juifs, le jubilé était une Année proclamée sainte qui tombait tous les cinquante ans. Pendant cette année, on devait rendre l’égalité à tous les fils d’Israël, offrant de nouvelles opportunités aux familles qui avaient perdu leur propriété, et même la liberté. Aux riches, en revanche, l’année jubilaire rappelait que le temps s’approchait dans lequel les esclaves israéliens, de nouveaux rendus égaux, auraient pu revendiquer leur droit. "La justice, d’après la loi d’Israël, se proposait surtout la protection des faibles" (Saint Jean-Paul II, dans Tertio Millennio Adveniente 13).

L’Année sainte, une opportunité pour approfondir notre foi

L’Eglise catholique a entamé la tradition de l’Année Sainte avec le Pape Boniface VIII en 1300. Boniface VIII avait prévu un jubilé à chaque siècle. A partir de 1475 – dans le but de permettre à toute génération de vivre au moins une Année Sainte- le jubilé ordinaire fut établi au rythme de 25 ans. Un jubilé extraordinaire, en revanche, est convoqué à l’occasion d’un événement remarquable. Les Années Saintes ordinaires célébrées jusqu’à aujourd’hui, sont au nombre de 26.

La dernière Année Sainte remonte au Jubilé de l’année 2000. La tradition de convoquer des jubilés extraordinaires remonte au XVIe siècle. Les dernières Années Saintes extraordinaires du siècle passé ont été celles de 1933, convoquées par Pie XI pour le XIXe centenaire de la Rédemption ainsi que celle de 1983, convoquée par Jean-Paul II pour les 1950 ans de la Rédemption.

L’Eglise catholique a donné davantage une signification spirituelle au jubilé juif. Cela consiste dans un pardon généralisé, une indulgence ouverte à tous et dans la possibilité de renouer le lien avec Dieu et le prochain. C’est pourquoi l’Année Sainte est toujours une opportunité pour approfondir notre foi et vivre, d’un engagement renouvelé, le témoignage chrétien.

Par le Jubilé de la Miséricorde, le Pape François met en lumière le Dieu miséricordieux qui invite tous à revenir chez Lui. La rencontre avec Lui inspire la vertu de la miséricorde.

Le rite du début du jubilé est l’ouverture de la Porte Sainte. Il s’agit d’une porte que l’on ouvre seulement pendant l’Année Sainte, tandis que durant les autres années, elle demeure murée. Ce sont les quatre basiliques, les plus importantes, qui ont une Porte Sainte : Saint-Pierre, Saint-Jean en Latran, Saint-Paul dehors les murs, Sainte-Marie Majeure. Le rite d’ouverture de la Porte Sainte exprime le symbole que, durant le jubilé, un » parcours extraordinaire » vers le salut est offert aux fidèles. Les portes saintes de ces basiliques seront ouvertes après l’ouverture de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre.

La miséricorde, c’est maintenant !

La miséricorde est un thème que le Saint-Père affectionne tout à fait spécialement. En effet, déjà quand il était évêque, le Pape François avait choisi comme devise « Miserando atque eligendo ». Il s’agit d’une citation tirée des Homélies de saint Bede le vénérable qui, dans son commentaire de l’épisode évangélique au sujet de la vocation de Saint Mathieu, écrit : « Vidit ergo Jesus publicanum et quia miserandum atque eligendo vidit, ait illi Sequere me » (« Jésus vit un publicain et comme il le regarda avec un sentiment d’amour et le choisit, il lui dit : Suis-moi »). Cette homélie est un hommage à la miséricorde divine. Une traduction de la devise papale pourrait être : « Avec des yeux de miséricorde ».

Au moment de son premier Angélus, après son élection, le Saint-Père disait : « Ressentir de la miséricorde, ce mot change tout. C’est le mieux que nous pouvons ressentir : cela change le monde. Un peu de miséricorde fait en sorte que le monde soit moins froid et plus juste. Nous avons besoin de comprendre bien cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui est tellement patient ». (Angélus du 17 mars 2013)

Pendant l’Angélus du 11 janvier 2015, il a affirmé : « Il y a tellement besoin, aujourd’hui, de miséricorde et il est important que les fidèles laïcs la vivent et l’apportent dans les différents milieux de la société. En avant ! Nous sommes en train de vivre le temps de la miséricorde : c’est maintenant le temps de la miséricorde ».

De plus, dans son message pour le Carême 2015, le Saint-Père écrit : « Combien je désire que les lieux où l’Eglise se manifeste, ainsi que nos paroisses et, spécialement, nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence ! »

Le Pape François a confié au Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Evangélisation l’organisation du Jubilé de la Miséricorde.
Source : www.eglise.catholique.fr


“Misericordiae Vultus”

Le logo du Jubilé

Le logo et la devise, les deux ensemble, offrent une heureuse synthèse de l’Année jubilaire. Dans la devise Misericordiosi come il Padre (tirée de l’Evangile de Luc, 6,36) on propose de vivre la miséricorde à l’exemple du Père qui demande de ne pas juger ni condamner, mais de pardonner et donner l’amour et le pardon sans mesure (cf. Lc, 6,37-38). Le logo- œuvre du Jésuite, le Père Marko I. Rupnik – se présente comme une petite somme théologique du thème de la miséricorde. Elle montre, en effet, le Fils qui charge sur ses épaules l’homme égaré rattrapant, ainsi, une image bien chère à l’Eglise ancienne, car elle exprime l’amour du Christ qui s’acquitte du mystère de son incarnation, par la rédemption. Ce dessein est réalisé de façon à faire émerger que le Bon Pasteur touche en profondeur la chair de l’homme et qu’il le fait avec un tel amour qu’il lui change la vie. Il y a, en outre, un détail qui ne peut pas nous échapper: le Bon Pasteur charge sur lui, avec une miséricorde infinie, l’humanité entière mais ses yeux se confondent avec ceux de l’homme. Christ voit par les yeux d’Adam, et celui-ci par les yeux du Christ. Chaque homme découvre ainsi dans le Christ, nouvel Adam, son humanité et le futur qui l’attend, en contemplant dans Son regard l’amour du Père.

Cette scène se situe à l’intérieur de l’amande, elle aussi un symbole cher à l’iconographie ancienne et du Moyen-Age, appelant la coprésence de deux nature, la divine et l’humaine, dans le Christ. Les trois ovales concentriques, en couleur progressivement plus claire, vers l’extérieur, évoquent le mouvement du Christ apportant l’homme en dehors de la nuit du pêché et de la mort. D’ailleurs, la profondeur de la couleur plus foncée évoque aussi l’impénétrabilité de l’amour du Père qui pardonne tout.

Une prière pour le Jubilée de la Miséricorde

Seigneur Jésus-Christ,
toi qui nous a appris à être miséricordieux comme le Père céleste,
et nous a dit que te voir, c’est Le voir.
Montre-nous ton visage, et nous serons sauvés.
Ton regard rempli d’amour a libéré Zachée et Matthieu de l’esclavage de l’argent,
la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers les seules créatures ;
tu as fais pleurer Pierre après son reniement,
et promis le paradis au larron repenti.
Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine comme s’adressant à nous :
Si tu savais le don de Dieu !
 
Tu es le visage visible du Père invisible,
du Dieu qui manifesta sa toute-puissance par le pardon et la miséricorde :
fais que l’Eglise soit, dans le monde, ton visage visible, toi son Seigneur ressuscité dans la gloire.
Tu as voulu que tes serviteurs soient eux aussi habillés de faiblesse
pour ressentir une vraie compassion à l’égard de ceux qui sont dans l’ignorance et l’erreur :
fais que quiconque s’adresse à l’un d’eux se sente attendu, aimé, et pardonné par Dieu.
 
Envoie ton Esprit et consacre-nous tous de son onction
pour que le Jubilé de la Miséricorde soit une année de grâce du Seigneur,
et qu’avec un enthousiasme renouvelé,  ton Eglise annonce aux pauvres la bonne nouvelle
aux prisonniers et aux opprimés la liberté,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue.
 
Nous te le demandons par Marie, Mère de la Miséricorde,
à toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles.
Amen.

Qu'est-ce que la miséricorde ?

Le mot "miséricorde" désigne, en hébreu, le cœur profond, les "entrailles" qui frémissent sous le coup de la douleur et de la peine. Quel père ou mère n'a ressenti cela en sachant son enfant malade, perdu ? La miséricorde apparaît donc comme l'attachement profond d'un être pour un autre et particulièrement de Dieu pour l'homme. Dans notre vie, Dieu souffre avec nous, il est bouleversé par nos malheurs, nos souffrances et notre condition d'homme pécheur.

Dans un grand mouvement d'amour pour nous, il nous manifeste sa tendresse, nous aide concrètement dans nos vies, nous témoigne sa "miséricorde", nous pardonne nos manquements, nos faiblesses, nous envoie son Fils. Dans le Nouveau Testament, Jésus nous invite à faire de même envers nos frères : "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux". Mt 5,48) C'est l'une des conditions de la vie éternelle Cliquer pour comprendre.

Le sacrement
Dans notre vie de foi, c'est au travers du sacrement de réconciliation en particulier que nous percevons la miséricorde de Dieu et plus largement dans la prière et les différents sacrements dans lesquels est communiqué le don de Dieu. Le pardon de Dieu nous remplit de joie et d'allégresse, nous redonne la paix. Mais ce n'est pas tout. Dieu nous manifeste aussi son attachement, sa miséricorde, au travers de personnes, d'événements concrets, de rencontres, qu'il faut savoir relire dans sa vie.
Source : La Croix

Le Vatican dévoile l’hymne du Jubilé de la miséricorde

Une année à vivre dans notre paroisse

"Miséricordieux comme le Père", c’est la « devise » de l’Année sainte !

La miséricorde à la suite du pape François

Dieu est miséricordieux… dans ces quelques mots c’est toute la foi chrétienne qui est résumée ; comme le pape François le rappelle pour cette année 2015-2016 consacrée à la miséricorde : Dieu n’a pas cessé depuis l’aube des temps de se révéler aux hommes comme amour, comme miséricorde.
- Est-ce que ce ne sont que de simples mots ou est-ce que cette bonne nouvelle concerne notre vie toute entière ?
- Qu’est-ce que la miséricorde de Dieu ? s’applique-t-elle à tous ?
- Et moi en retour, est-ce que je sais faire miséricorde ?
- Est-ce que je pratique le pardon ?
- Tout cela n’est-il qu’une pratique du passé pour des âmes faibles, assoiffées de bons sentiments ?
« Par ici les gentils, les doux, les simples… forts caractères, âmes viriles, esprits éclairés, ça ne vous concernerait pas ! »…
Pourtant le pape François nous lance à tous cette invitation… découvrir comment notre Père des Cieux est miséricordieux, voir comment la miséricorde peut accomplir des miracles en nous, peut nous changer à jamais.
Passerons-nous à côté de cette année de la miséricorde ?

Devise " Miséricordieux comme le Père "

Un appel à tout chrétien à se mettre ainsi sur la « même longueur d’onde » que Dieu en imitant sa miséricorde par des œuvres « corporelles et spirituelles ». Il s’agit de faire de cette devise non « pas une idée abstraite mais une réalité concrète ». Le pape recommande au quotidien, de ne pas médire sur les autres mais au contraire de « savoir accueillir ce qu’il y a de bon en toute personne » et d’abandonner « le cynisme destructeur ».
Le pape François invite à pardonner avec la grâce du sacrement de la confession à recevoir.
« L’Église, en ce moment de grands changements d’époque, est appelée à offrir plus fortement les signes de la présence et de la proximité de Dieu. Ce n’est pas le temps pour la distraction »
« C’est le temps favorable pour soigner les blessures », affirme le pape François qui compare volontiers l’Église à un « hôpital de campagne sur un champ de bataille ».

Date à retenir

  • Dimanche 13 décembre 2015 : Lancement Jubilé de la Miséricorde
  • Samedi 5 mars 2016 : Jubilé de la Miséricorde : « 24 h pour Dieu » (Diocèse)
  • Vendredi 11 mars 2016 à 20h30 : Soirée de prière (st Marc - st Jean Bosco - St Jean de Braye)
  • Lundi 16 mai 2016 : Jubilé de la miséricorde : pèlerinage des pôles missionnaires vers les « portes saintes »