Pèlerinage des communautés hmong en lien avec l'aumônerie hmong de France du 9 août au 13 août 2018 à Notre Dame de la Salette.

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Notre Dame de la Réconciliation

1846 : Apparition de la Vierge Marie à Maximin ( 11 ans) et Mélanie ( 15 ans), deux enfants bergers sur les montagnes du département de l’Isère, la commune de la Salette-Fallavaux. Sur ce lieu d’apparition a été construite une basilique et le sanctuaire pour pouvoir y accueillir les pèlerins. Le corps de Maximin repose au cimetière de Corps et son cœur dans la Basilique du sanctuaire. Il est mort à 40 ans. Mélanie est décédée à Altamura en Italie à l’âge de 74 ans.

Pèlerinage des communautés hmong en lien avec l’aumônerie hmong de France du 9 août au 13 août 2018 à Notre Dame de la Salette. Nous étions près de 80 personnes (environ de 2 ans à 80 ans) venues de Caen, de Metz, de la région de Rennes, Paris, Orléans, Bourg-en-Bresse, Lyon, Grenoble, Carpentras et de la Guyane française ainsi que deux couples ( Marie-Paule et Henri Charrier et la sœur et le beau-frère de Marie-Paule ) qui sont les proches du père René Charrier. Pour tous c’était la première fois que nous allions sur ce lieu de pèlerinage.

De la communauté hmong d’Orléans, nous étions 13 personnes dont 9 adultes et 4 jeunes de 17 ans, 16 ans, 15 ans et 11 ans.

Monter sur les routes serpentant les montagnes avec la peur au ventre pour ceux sujets au vertige et l’émerveillement sûr pour les autres dans l’attente fébrile de découvrir ce lieu encore mystérieux pour nous.

Ce que chacun savait d’avance au fond de son cœur c’est que nous allions à la rencontre de Marie, notre Mère à tous. La pluie qui avait fait route avec nous toute la journée alourdissait notre fardeau reposant sur nos épaules et nos cœurs, vulnérables et en quête de vérité.

Après un long voyage, les premiers attendant les derniers arrivés sur le lieu, le repos s’imposait pour une bonne nuit de sommeil.

Et là au petit matin, c’est l’émerveillement, la joie qui exultait du plus profond de notre être devant le spectacle magnifique du paysage qui s’offrait à nous ! La montagne dans toute sa splendeur, création divine depuis la nuit des temps, elle nous élevait au plus près des cieux pour toucher presque les nuages se baladant ici et là dans ce ciel bleu si pur. On avait l’impression que Dieu était juste là, qu’on allait l’entendre comme lui entendrait nos demandes de pénitence… Les cœurs pleuraient dans un silence religieux devant une telle beauté de la Nature. Cette joie qui gonflait notre poitrine avait fait installer la paix balayant sans scrupules tous nos soucis du quotidien. Nos cœurs ont entendu l’appel de Marie. Maintenant c’est à chacun de prier et méditer pour recevoir et comprendre le message que Marie veut apporter à chacun de nous qui avions gravis la montagne pour la rencontrer.

Il y avait un prêtre et une religieuse qui étaient nos guides pendant le séjour pour nous aider à connaitre et à comprendre sur le plan historique, social et religieux ( projection de film) l’apparition de Marie à deux enfants pauvres et sans instruction, originaires du village de Corps, situé plus bas sur la montagne en 1846.

Au fil des heures et des temps de partage sur ce lieu saint, des liens se sont tissés entre les pèlerins hmong qui ne se connaissaient pas pour la grande majorité. Pour la grande joie et stupeur de certains, ils se sont découvert des liens de famille.

Les actes qui renforcent et marquent notre foi sont la prière avec les autres pèlerins venus d’ailleurs, la célébration eucharistique et aussi une messe en hmong avec le prêtre référent (père Jean-Paul Havard) de l’aumônerie hmong qui a ému beaucoup de pèlerins hmong en prononçant quelques phrases en hmong. Il y a eu aussi un enseignement sur les sacrements par père Jean-Paul. Des groupes se sont constitués pour un temps de réflexion qui a permis un échange enrichissant pour tous. Un autre enseignement fait par le prêtre guide (père Faly, originaire de Madagascar et vice-recteur du sanctuaire de la Salette) sur la transmission de la foi. Il nous a appris que la famille est avant tout un lieu de protection et qu’elle est une « église domestique ». Les enfants et les jeunes adolescents ont pris part à des activités manuelles sous l’œil et les conseils de sœur Sophie ainsi que de plusieurs mamans hmong ; Ils ont pris le temps de peindre des croix en bois, des porte-clés et des porte-bougies qui ont été remis aux familles pèlerines. Les pèlerins hmong ont aussi vécu la procession mariale avec tous les autres pèlerins et ont été appelés à prendre place pour des chants en hmong (Notre Père et deux chants à Marie). Tous ces chants, ces prières de nuits comme de jours nous donnaient l’impression d’être une église à ciel ouvert, les yeux et le cœur tournés vers la croix du Christ, plantée sur le sommet de la montagne comme au mont Golgotha et tournés vers le créateur tout puissant.

Grâce à ces temps d’enseignement, de visites guidées au village de Corps où repose le corps de Maximin et où se trouvent sa maison et celle de Mélanie, ainsi que le village des « Ablendens » où se trouve encore la maison du patron de cette dernière, nous prenions peu à peu conscience du message de la « Belle Dame » apparue aux enfants. Nous étions comme ces deux enfants, encore ignorant de tout ce qui pourrait nourrir et fortifier notre foi, comme eux il nous faut apprendre à prier matin et soir dans notre vie de tous les jours.

Oui, nous nous sentons revivre et revigorés par l’air de la montagne, par les prières et les partages. Le cœur de Maximin repose dans la basilique du sanctuaire et c’est ce qui rend vivant ce lieu saint. Marie, la « Belle Dame » nous a soulagés de nos fardeaux et nos prières soulagent celui de son Fils le Christ, mort et crucifié pour nous sauver de nos pêchers. En venant sur ce lieu de pèlerinage, les larmes de la « Belle Dame » apparue en pleurs nous ont consolés de nos épreuves et surtout nous ont aidé à être en marche vers la réconciliation d’abord avec soi-même puis avec ceux qui nous entourent, ceux qui nous aiment et que nous aimons ou ceux qui nous aiment moins ou que nous aimons moins et surtout avec Dieu. Dans les moments difficiles que nous traversons, notre nature humaine prend souvent le dessus et nous avons tendance à chercher un fautif sur qui nous pouvons jeter notre dévolu ; Dieu EST pour nous donner la force d’avancer et de traverser les épreuves que la vie met sur notre route. Notre vie, c’est nous qui en faisons le choix pour l’embellir. Notre vie est un chemin que nous seuls pouvons décider de mettre sur les pas du Christ.

Les plus jeunes sont repartis avec un souvenir fait de leurs propres mains qui leur rappellera qu’ils ont contribué à nourrir la foi des uns et des autres et qu’ils ont essayé de découvrir leur propre foi à leur rythme. Pour les adultes et les séniors qui étaient arrivés avec leurs doutes, leurs préoccupations, leurs maux, ils repartent avec ce sentiment d’apaisement qui a élu domicile dans leur cœur…

Pour notre dernière soirée au sanctuaire, chaque pèlerin a pu prendre la parole pour exprimer, certains avec émotions d’autres avec humour, leur démarche de foi. C’est une bonne expérience aussi que d’oser prendre la parole en public pour parler soit en hmong soit en français. Ainsi chacun a pu prendre une miette de témoignage de l’autre pour enrichir son parcours de foi.

Il y a bien d’autres miracles à découvrir sur ce lieu d’apparition de la Vierge Marie. Ecoutez l’appel de la « Belle Dame » et allez vous ressourcer à la source de ses larmes ! Elle vous attend… Merci à Notre Dame de la Salette.

Un grand merci pour le travail logistique de la part de l’équipe de l’aumônerie hmong de France sous la coordination de Paul Cho YANG. Ce fut un travail de longue haleine pour en arriver à un si beau résultat de constatation et de satisfaction pour chacun des pèlerins hmong.
Joanne YANG, cté hmong Orléans



Pèlerinage à ROME des communautés hmong
du 27 avril 2019 au 2 mai 2019

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Dès l'annonce de ce pèlerinage à Rome par l'aumônerie hmong de France, les hmong étaient impatients d'y aller. Tous ceux qui avaient pu y participer n'ont pas pensé qu'à eux. Ils avaient porté dans la prière celles et ceux qui voulaient y aller et qui n'avaient pas pu s'y rendre pour diverses raisons.

Le groupe était constitué de 50 personnes dont le prêtre accompagnateur de l'aumônerie le père Jean-Paul Havard. Les pèlerins hmong venaient des communautés de Caen, de Paris, de Rennes, du Mans, d'Orléans, de Lyon, de Carpentras et de Nîmes. On pouvait y voir distinctement 3 groupes d'âges : les jeunes (20-30 ans), les adultes (30-60 ans), les séniors (60 ans et plus) et presque autant d'hommes que de femmes.

Parmi ces groupes, il y avait 3 couples accompagnés chacun par un de leurs grands enfants, ensuite c'étaient des couples seuls et aussi des couples qui étaient accompagnés d'autres membres de leurs familles. Certaines personnes étaient venues seules pour vivre une vraie communion avec les membres du groupe.

Notre coordinateur de l'aumônerie hmong de France, Paul Cho YANG ainsi que toute son équipe du bureau avaient été en lien avec le père Angelo Pelis, prêtre missionnaire OBLAT qui est aujourd'hui en ministère dans une église en banlieue de Rome. C'est père Angelo qui avait aidé l'aumônerie à trouver le lieu d'hébergement pour les pèlerins hmong. C'est une grande maison très accueillante et chaleureuse tenue par des religieuses dont la sœur Anna et qui se trouve à quelques mètres de l'église du père Angelo. C'est elle qui nous préparait le petit déjeuner tous les matins avant que nous prenions le car pour nos visites.

Cette maison d'accueil « Regina Pacis » a été fondée au début du 20ème siècle par le père Francesco Pianzola qui fut aussi un prêtre OBLAT de l'Immaculée. Il avait œuvré toute sa vie de prêtre pour les plus pauvres d'où l'importance de ces maisons d'accueil pour accueillir les plus modestes et plus démunis pour un temps de pèlerinage où d'hébergement. C'est ce qui convenait parfaitement pour notre groupe de pèlerins hmong.

Le repas qu'il soit frugal ou copieux était important pour le pèlerin car c'était un sujet de conversation récurrent ! Notre groupe de pèlerins hmong avait pu ainsi découvrir les habitudes alimentaires italiennes. Heureusement aussi que nous avions eu trois repas au sein d'un restaurant philippin où nous avions pu manger du riz !! Cela nous avait redonné des forces pour être dans la joie et l'impatience de vivre la suite du pèlerinage.

Nous n'oublions pas notre but premier pour autant ! Nous avions eu la chance d'aller visiter la maison générale des OBLATS (dont le fondateur était le père Eugène Mazenod) où nous avions pu célébrer une messe avec le père Angelo. Ce dernier était ému car c'était la première fois qu'il pouvait présider une célébration eucharistique dans cette chapelle de la maison générale des OBLATS. Les aînés pèlerins qui avaient côtoyé les prêtres missionnaires OBLATS au Laos étaient profondément touchés de pouvoir toucher et embrasser la croix du Père fondateur Eugène Mazenod. Merci au prêtre général Louis qui nous avait fait cet accueil et cet honneur.

Les visites du Colisée, monument et vestige d'une Rome ancienne, impressionnant par la technique de construction de l'époque et des basiliques de Saint Jean de Latran, de Sainte Marie Majeure, de Saint Paul-hors-les-murs et surtout celle de Saint Pierre ainsi que les musés du Vatican nous avaient émerveillés et permis de mieux comprendre l'histoire de notre religion. Chacun à son niveau avait pu retenir une phrase, un mot découlant des explications des guides mis à notre disposition pour nous éclairer sur la signification de toutes ces magnifiques peintures murales et des mosaïques murales et au sol, des statues, des toiles, des tableaux, des reliques, des tombeaux, etc... Ce fut vraiment passionnant et excitant pour nous dans l'attente d'avoir l'audience avec le Saint Père François.

Décidément notre groupe hmong avait beaucoup de chance car le Dicastère de Rome nous avait ouvert ses portes pour un entretien avec Monseigneur Buffé, en responsabilité pour la « section Migrants et Réfugiés ». Cette section existe depuis fin 2016 et elle est régie par le Saint Père lui-même. Elle se préoccupe des besoins humanitaires et travaille sur le développement humain intégral ainsi que les enjeux juridiques et stratégiques de la migration. La section existe suite à la vague des drames des migrants morts en mer méditerranée. Pour nous, peuple hmong exilé depuis plus de 40 ans à cause de la guerre, nous avions pu nous sentir écoutés au travers des difficultés sur notre foi missionnaire.

Enfin ce moment tant attendu arrivait ! Chaque pas sur le sol du Vatican nous rapprochait de plus en plus de la place qui nous avait été attribuée. Chacun de nous ne savait pas où il serait assis, c'était la surprise pour tous. Avec le « laisser-passer » notre groupe de pèlerins hmong en émoi, s'avançait pas à pas pour être installé à la droite du Saint Père au même niveau que la plateforme où il était assis. Et là, nos aînés, surtout nos mères qui avaient grandi avec la transmission de la foi des missionnaires avaient éclaté en sanglots ; expression forte de la foi qui les anime et de l'espérance qui les habite sans cesse. Devant ces yeux en larmes et la sérénité qui prenait place sur leur visage, les plus jeunes eux aussi avaient laissé couler leurs larmes alors que d'autres les avaient laissées couler dans le secret de leur cœur. Nous n'avions plus les mots pour dire, seuls nos cœurs parlaient le langage spirituel que notre foi pouvait comprendre. Ce fut un fort moment de consolation et de miséricorde donné par l'Esprit Saint sur nous petits pèlerins hmong exilés de notre terre et accueillis en France. La grâce de Dieu était venue sur nous mais aussi sur tous nos frères et sœurs hmong dans le monde entier. Oui, c'est une vraie grâce car notre coordinateur aumônier avait pu lire la lettre au Pape François qui était resté attentif car elle traçait notre identité et notre histoire. Paul Cho YANG a été béni par le Pape et il avait pu remettre au Saint Père le collier hmong qu'il portait à son cou. Un vrai moment de joie intense et de reconnaissance pour nous à travers ce geste symbolique !

Nous étions conscients que notre pèlerinage à Rome faisait de nous des témoins vrais et vivants de notre foi et de notre communauté hmong. Plus que les photos qui nous rappelaient ces instants de joie, notre cœur les avait vécus avec force et vérité pour que toute notre vie de baptisé nous puissions avoir ce trésor en nous et puissions le partager à ceux qui sauraient écouter et recevoir. Ces instants spirituels forts ainsi que tous les moments d'enseignement du Pape, de notre prêtre accompagnateur comme ceux aussi des guides avaient pu réconcilier certains avec leur foi alors que d'autres avaient reçu un souffle nouveau pour continuer à essayer d'être missionnaires sur le terrain. Chacun était venu avec un lourd fardeau sur ses épaules et chacun est reparti le cœur plus léger grâce à l'espérance qui prenait place dans notre vie de croyant. Chacun avait été entendu dans ses prières et tous nous étions rentrés les mains pleines de souvenirs pour nos proches et surtout le cœur rempli de joie et de paix. C'était le plus beau cadeau que nous ayons pu recevoir de l'Esprit Saint car le Christ était parmi nous.

Un grand merci au bureau de l'aumônerie hmong de France pour l'organisation et la logistique du pèlerinage. Merci à père Jean-Paul qui nous avait fait prier à 6h30 du matin pendant notre séjour et donner le sacrement de réconciliation. Il fait énormément d'effort pour apprendre à mieux parler le hmong ! Merci aux sœurs pour leur accueil au sein de la maison Regina Pacis. Merci au père Angelo de nous avoir reçu pour un temps de célébration au sein de sa paroisse lors de notre dernier soir. Merci à notre interprète italien Alessandro et à sa compagne Ntson qui est hmong. Leur présence et leur aide en amont comme pendant le séjour furent très précieuses et appréciées par tous ! Merci à la pastorale des migrants d'Orléans pour son soutien aux dix pèlerins hmong orléanais.
Merci à tous les pèlerins pour leur bonne humeur, leur enthousiasme et leur ferveur, leur participation aux chants, le partage de leur foi dans la joie et dans les larmes ; c'est la preuve que chacun a pu apprendre à s'exprimer en écoutant sa propre foi. Au fur et à mesure des pèlerinages vécus par les membres des communautés hmong en France, on voit que les liens de famille en Christ se solidifient entre chaque pèlerin. Les jeunes hmong étaient présents et acteurs alors la transmission se fera pas à pas.
Il ne faut pas oublier de dire MERCI à notre Seigneur Dieu Tout Puissant car c'est par Lui, avec Lui et en Lui que notre foi prend vie. Le Christ et l'Esprit Saint, la Vierge Marie Sainte mère de tous les pauvres nous protègent par leur bienveillance. Amen !
Joanne YANG

♥♥ TÉMOIGNAGE D'UNE PÈLERINE ♥♥

Avant de partir, j'imaginais de belles Églises, de très beaux monuments, mais je ne m'attendais pas à tant d'émotion, sur ce lieu chargé de nos racines chrétiennes. J'ai aussi beaucoup appris sur tous les temps de prière du quotidien que je n'avais jamais vécus. J'ai été très heureuse d'avoir pu rencontrer le père Angelo Pelis et assister à l'audience Papale du Saint Père. Vivre plusieurs jours ensemble a fait tomber des barrières, on a tous appris à nous connaître les uns les autres. Merci à Père Havard si chaleureux et attentionné pour tous. C'était mon premier pèlerinage, je le pressentais indispensable sur mon chemin de foi, mais il m'a enrichi au-delà de toutes mes espérances. Un grand "merci" aux organisateurs.
Yi