De retour d'Aného - Togo

Nous étions 13 à partir au Togo, le 27 février : deux séminaristes, dix jeunes étudiants et professionnels membres du groupe JAVA – Jeunes actifs chrétiens dans la vie active et moi-même. Nous répondions à l’invitation du Père Simon Silladin qui est resté à Orléans pendant quatre ans. Son intention c’était de faire découvrir à des chrétiens du Loiret la vie chrétienne à Aného, diocèse tout récent avec lequel nous avions déjà des contacts par les pères Jean-Aristide Tessi-Ayite et Emmanuel Vossah qui ont vécu de nombreuses années parmi nous. Dès notre arrivée nous sommes rentrés dans le vif du sujet. Arrivés à Lomé, le samedi soir, nous avons pris la route jusqu’à Aného ; le lendemain nous avons participé à la messe paroissiale dès 6 heures du matin qui a durée 2h30. Beaucoup de chants, une messe très dansante, moins dansante parce que Carême, nous a-t-on dit. Pendant la célébration, appel décisif des catéchumènes de la paroisse – environ 50 – âgés de 8 à 50 ans qui viennent de la religion traditionnelle – vaudou et animistes. Un grand pas pour eux. Messe obligatoire pour eux (pendant tout le temps du catéchuménat) et messe d’accueil pour nous qui arrivions. Un accueil enthousiaste – chaleur énorme de l’accueil. Ensuite nous sommes partis en petits groupes dans des villages de brousse à quelques kilomètres de la ville. Pour voir comment on vivait la vie chrétienne, dans des communautés sans prêtre. Nous avons assisté à des ADAP – assemblées dominicales en attente de prêtre - dirigées par le catéchiste.

Ce qui m’a marqué le plus c’est la réalité importante du catéchuménat qui prend la place de la catéchèse pour tous – que l’ont ait été baptisé bébé ou pas – trois ans pour être baptisé et un an pour la confirmation. Il s’agit d’une remise à niveau pour tous. Une intuition qui se vit au sein de l’Eglise ici en France – les recommençants, la confirmation des adultes, le catéchisme avec l’implication des parents… Nous avons vu une Eglise marquée par ceux qui veulent recommencer par le début. Si le nombre de catholiques est grandissant, la religion principale est la religion traditionnelle avec des musulmans et aussi des protestants (évangélistes). Dans les rues ont voit souvent des tas de pierres, sorte d’autels/lieux de sacrifice de la religion traditionnelle ainsi que des processions de femmes animistes.

L’Eglise au Togo est très jeune (qui n’a pas encore 100 ans), très expansive, joyeuse et festive, avec des prêtres très jeunes qui arrivent après la dernière génération des missionnaires européens (tous aujourd’hui avec plus de 80 ans). Toutes les paroisses sont servies par des prêtres togolais ; un clergé très chaleureux, très unifié et soucieux de la place traditionnelle du prêtre. Une Eglise qui demande beaucoup à être aidée par les Eglises européennes. Des prêtres qui ont vécu en Europe ont une voiture, les autres pas… mais c’est indispensable quand on voit les immenses distances entre les communautés… et l’état des routes.

Les jeunes du groupe ont ressenti un énorme émerveillement devant cette Eglise jeune et très dynamique qui bouge et danse. Nous avons beaucoup dansé avec tous les groupes… c’est dans la nature de ce peuple. D’ailleurs l’Eglise est très attentive au respect des traditions par une inculturation de l’Evangile qui n’est pas toujours simple. Un exemple vécu : le dimanche après-midi il y a de nombreux rassemblements vaudou où les personnes dansent autour des fétiches. L’Eglise a développé cet aspect en proposant que les chrétiens dansent aussi mais autour de thèmes bibliques… en racontant des épisodes bibliques.
(D'après notre interview du père Thomas).

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