La journée en images

Acteurs Pastoraux du Pôle 6

Le Pôle 6, en récollection, s’embarque avec le Christ

Soixante laïcs, prêtres, religieux et diacres, en responsabilité dans les divers groupements pastoraux du Pôle 6, ont pris une journée de récollection à St Benoît. Rien de tel pour asseoir la mission reçue, sans fioritures ni prise de tête organisationnelle. Gratuitement.
Ils sont venus nombreux se centrer sur l’unique nécessaire, le Christ. Dominique Vasset les a pris par la main, simplement, comme Moïse avec le peuple et les a guidés sur un parcours biblique et spirituel depuis la sortie de toutes les Egyptes dont les regrets encombrent souvent les têtes, en traversant les embûches et inconnues des déserts, pour entrer dans la communion avec le Christ fondement de toute mission.
En partant, l’unanimité se lisait sur les visages. «Super. Nous avons pris ce temps ensemble et pourtant nous venons de lieux, situations, origines si divers !». «Face à la dynamique des Pôles nous sommes dans l’incertitude comme au désert, mais nous n’avons pas parlé d’organisation». Pour Philippe Gauthier, heureux modérateur, cette journée paisible a permis à ceux qui agissent de se mettre à l’écoute du Seigneur, pour accueillir l’inattendu qui vient.

Témoignage du père Philippe Gauthier

Nous étions une bonne soixantaine de personnes présentes à la récollection qui a été organisée pour différents responsables des paroisses du pôle n°6 (depuis l'Argonne jusqu'à Vitry aux loges, en passant par Jargeau, Chécy, St Jean de Braye...). C'était à Saint Benoît sur Loire samedi 23 novembre. Notre évêque, en découpant le diocèse en sept pôles, a voulu que ces pôles ne soient pas d'abord de l'organisation ou de la centralisation, mais des possibilités de se
ressourcer, surtout en pensant aux personnes qui risqueraient d'être isolées du fait du petit nombre de personnes engagées localement, et du fait des distances en rural. Nous avons entendu cet appel à nous enraciner en Christ, en relisant, guidés Mme Dominique Vasset (qui fait partie de l'équipe de formation permanente du diocèse) des passages importants de l'histoire du peuple de Dieu, confronté à des changements. Si on imaginait que la vie avec Dieu est exempte de difficultés, l'extrait du livre de l'exode qui suit la victoire de la traversée de la Mer Rouge nous aura convaincu du contraire : après 3 jours de marche sans eau, le peuple tombe sur de l'eau amère, imbuvable, puis c'est le manque de nourriture (qui provoque Dieu à donner cette nourriture mystérieuse, le pain de chaque jour, la 'manne'), et puis c'est à nouveau la soif. Tout cela provoque le peuple à se demander: 'Dieu est-il avec nous, oui ou non ?'.
Et puis, l'autre grand texte que nous avons étudié est l'institution des sept hommes, choisis pour régler un problème nouveau qui a surgi dans l'Eglise primitive: la répartition de la nourriture entre les personnes de cultures différentes dans la communauté chrétienne... avec des jalousies, des récriminations ! Saurons-nous inventer, nous aussi, animés par l'Esprit? Saurons-nous ne pas délaisser la Parole de Dieu, sa méditation, parce qu'il semble y avoir des urgences qui risquent de mobiliser toute notre énergie? Aujourd'hui, Dieu ne dispense pas des épreuves. Il n'est pas présent seulement quand tout va bien. Il est présent dans les épreuves
elles-mêmes, où il nous accompagne de son Esprit pour que nous trouvions les solutions aux questions nouvelles qui se posent: Comment évangéliser alors qu'on a l'impression d'être parfois si peu nombreux? Comment animer nos communautés avec les moyens que nous avons, différents de ceux des générations passées?
En plus des 2 temps forts qu'étaient les interventions de Mme Vasset, nous avons pu prendre du temps personnel pour prier, du temps pour échanger, du temps pour partager le repas, constitué d'un étalage coloré et appétissant avec l'apport de chacun, sur de longues tables. Nous avons chanté, prié avec les moines, faisant (presque) fi de la température quelque peu hivernale. Nous avons repris des forces pour continuer notre mission, nous sentons les uns et les autres moins seuls.
Père Philippe Gauthier, modérateur du pôle

Témoignage du père Karl-Aymeric De Christen

Notre évêque nous invite dans la démarche missionnaire à vivre la fraternité et à nous tourner vers le Christ,… pour nous soutenir dans la mission. Les pôles missionnaires lancés au mois de septembre sont là pour nous y aider. Fraternité, soutient spirituel, réflexion autour de la mission sont déjà mis en place au niveau de l’équipe des prêtres : nous nous retrouvons toutes les 2 à 3 semaines une matinée avec le repas pour célébrer et prier ensemble, échanger, mieux nous connaître et déjeuner ensemble (important pour les français que nous sommes).

Cela a-t-il pour seul objectif de se cantonner aux prêtres ? Je pense que cela n’est pas la vision de notre évêque, qui nous invite à ouvrir nos cercles ! C’est pourquoi, nous nous sommes retrouvés à St Benoit, prêtre et « acteurs » de nos paroisses pour passer une journée de recollection ensemble. Mme Dominique Vasset nous a invités à nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et de contempler le peuple juif dans le désert… Après le passage de la mer rouge, après la joie d’être sauvé, voilà que le peuple « murmure » : il ne sait pas où il va, il a faim, il a soif… « Mon Dieu, que nous veux-tu ? ». Une interrogation qui peut nous rejoindre pour notre Eglise d’aujourd’hui. Nous avons à découvrir comment nous pouvons nous réconforter et nous soutenir les uns les autres pour avancer vers l’Eglise de demain ! Après un temps de prière personnelle, après un temps de prière communautaire avec la messe avec les moines (très revigorant dans le froid de la basilique !), après le temps du repas (de qui ai-je fait connaissance ?), nous avons pris le temps du partage sur ce que pouvais être la mission : mieux comprendre ensemble Marthe et Marie, action et contemplation ! Cela serait trop facile d’opposer l’un et l’autre… Nous avons besoin des deux ! Un dernier enseignement, et voilà le temps de nous quitter.

Ce fût une belle rencontre, où pour une fois nous n’avons « rien fait » ; nous avons juste pris le temps de vivre : et si la nouvelle évangélisation passait aussi par là ?
Père Karl-Aymeric de Christen