La journée en images

Quand Diaconia 2013 rassemble le Doyenné-Est autour du thème
INVITE A SERVIR NOS FRERES A L’IMAGE DU CHRIST.

Le 10 mars 2013, les paroissiens du Doyenné-Est se sont retrouvés à l’église st Marc pour une journée de conversion et d'échange. Ce chemin de conversion proposé par le CCFD-Terre Solidaire pour le carême et Diaconia, nous invite à vivre l’Alliance entre nous, en nous mettant au service les uns des autres et plus particulièrement au service des plus pauvres. La communauté était appelée à vivre ce chemin de conversion en repérant comment le service du frère nous transforme et transforme notre regard sur l’autre. Il s’agissait pour tous d’être envoyés au service du frère.

La tenture du lavement des pieds réalisée par Sœur Boniface et présentée par le CCFD permettait à chacun d’entrer en méditation. La lecture du passage de l’évangile de St Jean (13, 1 – 15) très vivante, nous proposait de regarder le Christ pour nous imprégner de lui, de sa manière d’aimer. Jésus est dans nos vies, il s’adresse à Pierre comme il s’adresse à nous « ce que j’ai fait pour vous, faites le vous aussi ». Après un blocage Pierre accepte le service de Jésus. A quoi Pierre renonce-t-il en se laissant faire ?

Après un temps de Contemplation personnelle et guidée, les paroissiens étaient conviés à se mettre en petits groupes pour partager, et à chacun d’écrire sur un petit papier : Ce qu’il a vu - Ce qu’il a entendu - Ce qu’il a senti - La parole de Dieu qu’il a goûtée - Ce qu'il a touché. Ce petit papier sera collé sur un grand panneau pendant la messe au moment de l’offertoire.

La messe qui suivit et qui rassemblait les trois paroisses du doyenné était une suite logique de ce temps de réflexion. Jésus se donne à nous, comment le recevons-nous ?
Les enfants très nombreux ont pu réfléchir ensemble à la chapelle pendant le temps de la parole. Au moment de l’offertoire ils étaient heureux de chanter de tout cœur, en exécutant des mouvements d’art gestuel, le refrain :
Une main qui s'ouvre,
Une main qui donne,
Les deux mains pour inviter
Une main vers l'autre,
Une main-soleil,
Les deux pour l'amitié.

Cette messe communautaire était joyeuse, très priante et fraternelle.

Un apéritif suivi d’un repas partagé a permis à ceux qui le pouvaient de se rencontrer, de faire connaissance, d’échanger.

Pour l’après midi, les personnes restantes se sont retrouvées en carrefour, par groupes de 8 pour partager sur les points suivant :
Comment nous sommes au service de nos frères, qu’est-ce qui nous aide et nous motive ?
- Le service du frère implique tout d’abord qu’on reconnaisse la personne, qu’on la regarde.
- Servir son frère c’est sortir de soi pour rencontrer l’autre, échanger.
- Pour nous, est-ce facile de demander un service ? Humilité – simplicité
- On a besoin aussi de temps de repos pour se retrouver, pour prier, pour échanger entre nous.
Le sens qu’on donne à notre vie nous aide dans nos engagements auprès de nos frères

Les enfants ont eu leur temps personnel en carrefour autour de la question : « Comment vivre le service du frère au quotidien ? » Grand moment autour d’un jeu et réalisation de mimes.
Les fruits des réflexions des différents groupes ont été apportés dans un temps d’action de grâce au cours duquel nous avons eu le plaisir de voir des enfants mimer des gestes de service dans la vie courante.

Cette journée communautaire nous a permis de célébrer, de réfléchir, de partager ensemble sur les merveilles que Dieu nous donne. Nous avons pu nous sentir envoyés au service du frère et prendre conscience que le service du frère nous change et change notre regard sur l’autre.
Nous pouvons affirmer que Diaconia nous invite à changer, à donner notre regard comme nous l’avions chanté.

Merci à tous ceux qui ont préparé cette journée.
Tract [449 KB] et programme de la journée

Remontées du temps de partage du matin

Chaque groupe était invité à écrire après le temps de partage : une phrase sur ce qu’il a vu, ce qu’il a entendu, ce qu’il a senti, la parole de Dieu qu’il a goûté, ce qu'il a touché.
Voilà quelques phrases :

CE QUE J’AI VU
-
Lavement des pieds, chemin vers Pâques
- Etonnement – Refus – Acceptation
- Le regard étonné de Pierre dans l’inattendu et l’acceptation
- Le regard et l’attitude de Jésus – Le respect un don intérieur

CE QUE J’AI ENTENDU
-
Si tu n’acceptes pas de te laver, tu ne peux pas avoir Jésus avec toi.
- Accepter de se laisser faire – Se laisser surprendre
- Appel de Jésus – Jésus se met au niveau de l’homme.
- Jésus a lavé les pieds, acceptation de soi, de se laisser faire de la part de Pierre. A faire ce geste aux autres à votre tour
- On se reconnaît dans les différentes réactions de Pierre, même quand elles sont contradictoires. Est-ce-que nous sommes prêt à nous laisser toucher par la réciprocité de la relation de service.
- Savoir donner avec humilité
- Savoir recevoir avec simplicité
- Place du serviteur, maître et serviteur
- Relation importante entre celui qui reçoit et celui qui donne. Relation qui respecte quelqu’un et la permet de grandir.

CE QUE J’AI SENTI
-
Humilité de Jésus
- La tendresse de Jésus
- L’amour de Jésus pour chacun – Le respect mutuel

LA PAROLE DE DIEU QU’IL A GOUTEE
-
« Vous m’appelez maître et Seigneur »
- « Pas seulement les pieds »
- « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
- Son message fait raisonner notre expérience.

CE QUE J’AI TOUCHE
-
Suite à l’appel de Jésus la lumière me rejoint.
- Grandeur et douceur de Dieu
- La bonté de Dieu – L’eau
- Jésus touche les pieds de Pierre avec douceur. Il veut nous toucher avec autant de douceur.
- J’ai touché la parole de Dieu.

Témoignage d'une paroissienne

Les paroissiens du doyenné Orléans Est se sont retrouvés à Saint Marc, le dimanche 10 mars 2013, pour réfléchir sur ce thème :
INVITES A SERVIR NOS FRERES A L'IMAGE DU CHRIST
Le matin, nous avons été amenés à suivre un chemin de conversion en consacrant la première heure à la méditation : après la lecture du passage de l'évangile de Saint Jean sur le lavement des pieds et la contemplation personnelle et en silence de la belle tenture représentant cette scène, suivie d'une contemplation guidée nous nous rassemblons en petits groupes pour nous dire comment nos cinq sens ont pu être interpellés : « ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu, ce que j'ai senti, la parole de Dieu que j'ai goûtée, ce qui m'a touché ». Chaque groupe a noté sur un papier un mot ou une phrase qui résumait cet échange. Ces papiers seront affichés.
Une nombreuse assistance se retrouva pour la messe qui permit d'offrir à Dieu notre désir d'aller au service de nos frères, à l'exemple du Christ.
Après l'apéro et un convivial repas partagé, nous nous retrouvons pour approfondir d'une manière concrète les résolutions du matin. Chant, lecture d'un passage de la première lette de Saint Jean, puis départ en plusieurs carrefours pour se dire: « Comment ? Où ? vivre le service du frère » « Comment je vois ma foi agissante dans mon quotidien à travers mes engagements (familiaux, associatifs, paroissiaux, de quartier...) » « Qu'est-ce qui me permet de vivre cette foi agissante ? »
Chaque carrefour fit remonter ses échanges sous la forme d'une prière d'action de grâces.
N'oublions pas les enfants qui nous ont proposé des petites saynètes traduisant comment, eux aussi, vivaient le service du frère au quotidien.
Merci aux personnes de Saint Marc qui ont assuré toute l'organisation matérielle pour nous permettre de vivre ensemble ces moments privilégiés.

Homélie du diacre permanent : Patrice HUBOUX

4e dimanche de Carême Année C
(Lc 15, 1-3.11-32)
Saint Marc

L’évangile du Père Prodigue, est sans doute l’un des évangiles les plus connus. Connu non seulement pour l’avoir entendu et médité, mais aussi parce que Rembrandt en a fait un tableau très intéressant. Nous y voyons un père accueillant son enfant lors de son retour. L’enfant est à genoux devant son père, et le père entoure de ses deux mains le dos de son fils. Le détail très intéressant en est que le père a une main masculine, et une main féminine.
Après avoir décrit un fils prodigue dans le gaspillage, Luc décrit un père prodigue en amour. Alors que le fils cadet a réclamé sans vergogne sa part d’héritage pour quitter la maison paternelle, le père l’accueille de la meilleure façon qu’il soit lors de son retour, alors qu’il revient par nécessité. Le 3e personnage, c’est le frère aîné, qui lui pourrait être défini comme prodigue en comportement fâché et buté.
En quoi l’évangile de ce jour peut-il nous rejoindre, dans notre démarche de “Diaconia 2013 servons la fraternité”, que nous souhaitons vivre aujourd’hui ? En fin de compte, la parabole de l’évangile est d’une banalité surprenante par rapport à ce que vivent beaucoup de familles aujourd’hui : l’enfant quitte le foyer parental, et va vivre sa vie. Sans avoir été prodigue en gaspillage, quelques temps plus tard, la crise passant par là, il perd son travail, les soucis de vie de couple s’amplifient, l’enfant revient vivre dans la maison des parents. C’est malheureusement d’une réelle actualité dans notre société, avec les difficultés rencontrées et vécues.
Croyez-vous que les parents vont laisser leur fils ou fille à la porte ? Bien sûr que non ! Quand bien même l’enfant aurait mal géré sa vie autonome, les parents le recueilleraient. C’est en tout cas ce que je considère comme juste.
Si j’emploie le mot juste, c’est exprès, pour bien signifier que ces parents-là vont s’ajuster à ce que Dieu désire de toute personne envers une autre. Que désire-t-il ? Que nous agissions comme le père de la parabole : que nous sachions accueillir les bras ouverts ce fils dont le comportement n’a pas été glorieux, que nous laissions parler l’amour qui se trouve en nos cœurs. Quand nous regardons autour de nous, nous pouvons dire que toutes les personnes qui nous entourent, ont besoin de cette marque d’amour que ce père aux mains masculine et féminine a prodiguée à son fils.
Croyez-vous que cela fut facile pour Lui de se comporter ainsi ? Je suppose que non : il ne s’est pas opposé au désir de son fils de partir faire sa vie, il a sans doute été déçu de le voir réclamer sa part d’héritage, il a dû souffrir de savoir son fils tout dilapider et descendre aussi bas. Il y eut peut- être dans son cœur une certaine colère

de le voir agir de la sorte. Mais son amour fut le plus fort au point de le recueillir avec toutes ces marques de fêtes.
Nombre de choses peuvent obscurcir le cœur : la colère que je viens d’évoquer, mais aussi la peur, la non connaissance. Observez cette faculté à cataloguer les personnes, si courante malheureusement, à commencer par moi. Le délit de sale gueule est facile, je vous en donne un exemple très simple. Jeune mécanicien avion, on m’affecte un parrain, un ancien, pour apprendre tel travail. En le voyant, ma réflexion fut : il a une drôle de tête, et je ne sais pas si je vais l’apprécier. Le pauvre était déjà catalogué dans mon esprit : délit de sale gueule, parce qu’il avait un visage particulier. J’ai été subjugué par sa pédagogie, et très heureux de tout ce que j’avais appris grâce à lui. De ce jour, j’ai su ce que signifie le délit de sale gueule. Aujourd’hui, je peux dire avec le recul : merci Seigneur, je t’ai rencontré dans cette personne qui fut mon parrain dans le travail.
A travers ces deux cas de la parabole et de mon expérience, nous avons un simple échantillon de tout ce qui peut se vivre dans le service du frère en humanité, et du frère en Jésus. Le père s’est mis au service de son fils en lui montrant également la gratuité de son amour. Ce parrain professionnel s’est mis au service d’un jeune idiot, en me donnant simplement son expérience. Chaque jour dans notre vie nous avons l’occasion de donner gratuitement, et pour Diaconia, le recensement des actions mises en œuvre, partout dans la société, le montre bien. N’ayons surtout pas peur de la différence. Beaucoup de plaies de nos sociétés viennent de la non connaissance mutuelle, qui génère des peurs. Alors faisons comme Jésus nous le montre : allons vers ceux qui sont différents. Que n’entend-il pas lorsqu’il va manger chez le publicain, lorsqu’il touche le lépreux,… ? Lors de chaque l’eucharistie, nous entendons le prêtre dire : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). Cette paix n’est pas à la manière du monde ; c’est la paix, fruit de la charité, dont Benoit XVI nous a si bien parlé dans son livre “Deus Caritas Est” : c’est tout l’amour dont Jésus est prodigue, qu’il donne à profusion.
Diaconia, c’est servir son frère simplement parce qu’il est l’autre. Des personnes le font au nom de l’homme, d’autres le font au nom du Christ parce que c’est Lui qui est servi en chaque homme. Diaconia, ce n’est pas naviguer sur un long fleuve tranquille, bien au contraire : c’est l’exigence de l’amour du prochain, d’autant plus s’il a une gueule qui ne revient pas. Diaconia, c’est vivre le Carême chaque jour, car c’est se convertir chaque jour un peu plus vers la capacité d’amour de Jésus.