La vie consacrée, dans la joie à St Jean Bosco

Journée de foi et de joie, ce 3 Février à Saint Jean Bosco, avec le Père Evêque et de très nombreux religieux, religieuses et laïcs consacrés venus célébrer, avec la communauté, la Journée de la Vie consacrée. Résonnent encore en chacun les mots forts de notre Evêque qui rappelait, pendant son homélie, qu’il n’y a de vie chrétienne que dans une vie d’amour donnée à Dieu et au prochain. La démarche missionnaire qui nourrit, en ce moment, la prière et la réflexion de notre diocèse est apparue comme un défi posé aux divers replis et enfermements qui guettent la vie de chaque communauté. Le père Evêque a insisté, encore et encore, sur l’urgence de sortir, d’aller vers le prochain, changeant d’état d’esprit, nous renouvelant spirituellement par une conversion de nos cœurs pour aimer à la suite de Jésus. L’intensité de la célébration, nouée par la qualité des chants et les témoignages des religieux et religieuses, a permis que les diverses composantes de cette assemblée particulière et inhabituelle se nouent et partagent, ensuite, le repas, dans un esprit fraternel et convivial qui a pu surprendre tel ou tel peu habitué à la diversité des saveurs de l’Argonne.
La journée s’est conclue par une belle et recueillie après-midi de prière, partage et témoignages des diverses composantes de la vie consacrée de notre diocèse. La communauté paroissiale y a pris sa part en témoignant de son attachement à la présence de religieuses au sein du quartier, marquée encore par le départ de la communauté des Sœurs du sacré Cœur de Jésus. Les chants de l’atelier chant de la paroisse et les danses colorées des amis africains et hmong ont donnée une couleur et un enracinement particuliers à ce temps fort de notre diocèse. Un remerciement particulier aux responsables de la vie consacrée de notre diocèse d’être venus jusqu’à Saint Jean Bosco, au cœur de l’Argonne.
Et en note finale, comme un clin d’œil au repas partagé dans une ambiance inhabituelle, tellement les convives étaient nombreux, une « méditation » d’amis qui n’ont pas pu être présents. « Un témoin direct, une source presque évangélique, pas du tout apocryphe... raconte que vous avez peiné à réussir votre multiplication des pains ! Etaient-ils des milles et des cents, sans compter les femmes et les enfants ? Vous les fîtes asseoir, malgré le manque de sièges... Tous mangèrent et furent rassasiés, mais les morceaux qui restaient n'emplirent pas les douze corbeilles attendues. Cependant, le témoin affirme que la joie du Seigneur était avec tous. Bravo à vous, chers amis».


Témoignages

Père Louis RAYMOND

Le seigneur fit pour nous des merveilles…
Le Livre des merveilles de la vie consacrée s’est grandement étoffé en ce dimanche 3 février 2013 à la Paroisse Saint Jean Bosco de l’Argonne à Orléans. En effet la Paroisse accueillait les personnes consacrées de la Région d’Orléans, tandis que celles du Montargois se réunissaient à Ferrières en Gâtinais.
Autour de notre Evêque, le Père Blaquart, nous étions une cinquantaine à nous rassembler pour l’eucharistie, un repas partagé abondant et plein de chaleur et un temps de partage autour des diverses vocations à la vie consacrée.
La paroisse a tout fait pour que cette journée soit belle et réussie. La chaleur humaine et chrétienne qu’elle sait communiquer a pris au cœur tous les participants. Par le chant, par la prière, par le service de l’accueil, par le témoignage d’une communauté chrétienne bigarrée et unie, elle a mis beaucoup de baume au cœur des toutes les personnes consacrées. C’est un immense merci que nous voulons leur adresser.
Chaque communauté a pu apporter des « petites merveilles » vécues par les unes et les autres et elles ont été portées à l’autel pour entrer dans l’action de grâce du Christ à son Père. Le P. Blaquart a su nous redire l’importance de la vie consacrée dans un diocèse, dans la vie de l’Eglise. Par les vœux qu’elles prononcent, ces personnes sont souvent en contradiction avec le monde et révèlent la pertinence du témoignage radical en Christ.
Le temps de convivialité du repas partagé a été un grand moment. Chacun avait mis les petits plats dans les grands pour le bonheur de tous et la joyeuse « pagaille » du début du repas a donné l’occasion d’une vraie rencontre des uns et des autres. La vie chrétienne et la vie consacrée en particulier ne doit-elle pas être témoin de cet accueil et de ce partage fraternels !
L’après-midi, avec l’appel et l’écoute de Samuel, avec les témoignages variés des différentes communautés et personnes consacrées (les contemplatives avec le Carmel, les communautés apostoliques avec les Sœurs de l’Assomption, les veuves consacrées, la dimension missionnaire et internationale avec les MSC), le témoignage de la paroisse faisant mémoire des Sœurs du Sacré-Cœur de Saint Jacut et plus spécialement de Sœur Monique, décédée, nous avons pu « écouter la voix du Seigneur et prêter l’oreille de notre cœur à celui qui appelle… » Les chants de la chorale, les danses Africaines et Hmongs nous ont fait toucher du doigt la diversité que nous vivons en France pour la plus grande joie de notre vie chrétienne.

La saviez-vous ? En ce dimanche 3 février est née une nouvelle merveille, celle de la rencontre d’une communauté paroissiale dans sa diversité et sa joie de partager et des personnes consacrées dans l’originalité du don de leur personne et de leur communauté au Seigneur pour témoigner en ce monde. Oui, le Seigneur fit pour nous des merveilles !

Louis RAYMOND msc, Délégué Episcopal à la vie Consacrée. Orléans

Les Sœurs du Carmel

« Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens ! »(1)
Ce cri du prophète Elie, devenu ensuite la devise de l’Ordre du Carmel, chacune de nous le reprend à son compte, car telle est bien notre vocation :
« Nous tenir devant la Face de Dieu »(2) pour « entretenir avec Lui une continuelle relation ».(3)
Si nous vivons dans la solitude et le silence, nous nous savons appelées « non pour nous seules, mais pour le salut de beaucoup d’âmes »,(4) pour le service de l’Eglise.
Il nous revient de « porter la passion du monde en notre cœur »,(5) d’être de ces brancardiers dont parle l’Evangile,(6) qui amènent et présentent à Jésus l’humanité blessée – ceux qui demandent notre prière, mais aussi tous ceux qui ne demandent pas.
Par l’offrande de notre vie jour après jour, en désirant vivre toute chose «dans la dépendance de Jésus Christ »(7) nous portons – mystérieusement – les joies et les souffrances des hommes vers le Père.
En laissant Dieu se frayer un chemin en nous et prendre peu à peu possession de notre cœur, nous tenons ferme cette espérance : pour d’autres, ailleurs, un chemin s’ouvrira.
« Ne nous lassons pas de prier, la confiance fait des miracles… »(8)

1.1er livre des Rois, ch.17 - 2. Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix - 3.St Jean de la Croix
4.Ste Claire d’Assise - 5.Paul VI - 6.Marc 2,3
6.Règle du Carmel - 7.Ste Thérèse de l’Enfant Jésus

Veuve consacrée de droit Diocésain

Quel appel ?
Dès l’annonce de la mort violente de mon mari, par suicide, j’ai eu conscience que le Seigneur m’invitait à quelque chose de particulier, sans savoir quoi. Je me donnais cinq ans avant de prendre une décision définitive, ne sachant pas comment tête, corps et cœur tiendraient dans la durée.
Trois ans plus tard, en 1982, j’ai découvert à Lourdes les Fraternités de « Veuvage Consacrée ». J’ai cheminé deux ans avec une fraternité où j’ai découvert beaucoup de richesses, un accueil chaleureux, mais cependant cela me laissait sur ma faim.
L’évêque du diocèse passant dans la paroisse, lors d’une année consacrée aux vocations, lança un appel invitant les jeunes, mais aussi les ainés qui se posaient des questions, à le rencontrer. Je suis allée à cette rencontre toute tremblante me disant : « Il m’écoute ou il m’envoie à l’hôpital psychiatrique ». En fait je n’ai pas eu besoin de beaucoup parler, cela semblait clair pout lui, mais moins pour moi. Le lendemain une autre veuve est venue le voir. Il a reçu nos visites comme des appels pour son diocèse. Il se propose d’accueillir notre vœu de chasteté, chacune avec notre famille dans la communauté paroissiale qui nous a soutenue, et de nous donner la bénédiction des veuves. Monique avait été aidée essentiellement par un groupe de prière et moi par mes engagements professionnels et aussi mes engagements en catéchèse et au Secours Catholique. Cela après un temps de recherche qui a duré quatre ans.
Pourquoi ai-je répondu à cet appel ?
J’ai répondu à cet appel parce que pour moi c’était m’engager officiellement et définitivement avec le Seigneur, lui remettant ma vie, mes responsabilités familiales, professionnelles sociales etc… Je me sens en plein accord avec le désir profond que nous avions en couple d’être enfouis « missionnaire » dans la vie ordinaire. L’offrande de ma vie, pour ce diocèse, s’unifie dans le Seigneur, dans la continuité de notre mariage.
Que m’apporte cette consécration ?
Cette consécration m’apporte des balises, car l’évêque m’a demandé d’être : Signe d’espérance
- Signe d’encouragement
- Signe de femme dans l’église
- Signe de la vraie joieLe vœu de chasteté officialisé me donne plus de stabilité et me rend plus libre.
- Oui vraiment Dieu est amour.

Marie Thérèse LEGROUX

Une paroissienne Joanne Yang

C’est un petit pas de plus pour la paroisse Don Bosco que de recevoir les religieux et religieuses du Loiret. Je constate comme tout le monde que la vie religieuse se fait vieillissante. Mais c’est une joie pour nous d’entendre et de partager leur vie consacrée à Dieu. Je reste toujours fascinée et admirative devant ce don que l’on fait de soi pour l’Amour de Dieu et de son prochain. Pendant le repas, j’ai pu rencontrer et discuter avec des religieuses qui connaissent les hmong. Je suis heureuse de ces petits moments d’échanges en paroles et en danses avec les jeunes filles des communautés africaine et hmong. J’ai vu les enfants qui se ruaient presque lors de la procession d’offrande, pour porter les petites bougies. Ils faisaient bien attention pour ne pas éteindre cette lumière qui illuminait l’allée vers l’autel au milieu de l’assemblée. Je me suis dit, « et nous adultes, parents, gardons-nous assez de cette naïveté d’enfant et de cette innocence pour donner assez de lumière autour de nous ? Pourquoi, nous est-il si difficile de nous ruer pour un petit don de temps, un petit don de soi ? La spontanéité d’un enfant qui veut aller porter la lumière ne doit-elle pas nous faire réfléchir sur la place que l’on accorde à Jésus Christ dans notre vie de croyant ? Oui, après cette journée de partage autour de la vie consacrée, je suis rentrée chez moi différente, avec quelques questions à méditer. J’ai en tête les deux versets suivants de Saint Marc 9, 37 « Celui qui accueille en mon nom un enfant, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi mais celui qui m’a envoyé. » Saint Mathieu 18, 3 « Amen, je vous le dit si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. » ; Je pense que nous devons chercher à garder notre âme et notre cœur d’enfant pour que le don de Dieu puisse agir en nous. En responsabilité au sein de ma communauté hmong mais aussi en lien avec la Pastorale des Migrants, je suis enrichie de toutes ces réflexions, de ces rencontres qui m’élargissent les chemins que chacun de nous est invité à préparer vers le Seigneur.

Joanne YANG

La Congrégation des religieuses de L'Assomption

Notre communauté a beaucoup changé depuis quelques mois ; nous passons d'une communauté nombreuse de soeurs âgées ou malades et de quelques soeurs plus jeunes et valides, les servant dans l'animation, la présence, l'écoute et différents services matériels, à un tout petit groupe de 4 soeurs...

Cependant nous sommes une communauté de 9 soeurs, bientôt 10, en deux lieux: Quatre soeurs habitent Faubourg de Bourgogne et seront bientôt rejointe par une de nos soeurs du Rwanda, en année sabbatique. Cinq soeurs plus fragiles sont dans un EHPAD à Issoudun. Nous les visitons chaque semaine et inventons ensemble notre vie de communauté. Plusieurs fois par semaine, nous continuons d'accueillir pour la Messe des habitués du quartier et d'ailleurs. C'est une grande chance pour nous.

Dans la suite de notre Chapitre général de Juillet 2012 nous préparons les orientations de notre Province qui seront définies par un Chapitre provincial qui se tiendra en Avril, déjà les communautés réfléchissent à l'élaboration de ce projet. Nous sommes dans une démarche de re-structuration et ré-organisation de notre Province en France, en tenant compte des appels d'aujourd'hui et de nos forces actuelles ; Notre projet de Congrégation insiste sur la Vie de Prière - comprenant, chaque jour, Office chanté, temps d'oraison, temps d'adoration et une visée éducative sous diverses formes.

Maintenant, à l'appel de Mgr Blacquart, nous regardons vers ce quartier et la paroisse st Jean Bosco, tout en restant proche de l'Etablissement scolaire "Assomption St Aignan - St Marc".

Une d'entre nous travaille déjà à l'alphabétisation dans le Centre social 'Marie Stuart'.Chaque Vendredi, nous venons à la Messe dans cette paroisse et fréquentons le marché. Nous participons à la Messe du Dimanche et nous souhaitons nous insérer doucement : venir à la chorale, participer à un groupe de partage de la Parole, à la prière des femmes Africaines....

Une Association prend en charge le projet de vente de la maison du Faubourg Bourgogne et nous cherchons une habitation plus proche de ce quartier nous permettant aussi l'accueil de soeurs, amis, personnes qui en auraient besoin.