Journée en images

1963-2013 Les 50 ans de notre paroisse

Enracinés dans l’histoire, tournés vers l’avenir

Nous l’avions voulue enracinée dans une histoire d’hommes et de femmes et toute tournée vers l’avenir avec des enfants et des jeunes prenant toute leur place dans le déroulement de notre journée anniversaire.
Notre église St Jean Bosco s’était faite belle : fleurs de printemps mariant le blanc et les couleurs, photos souvenirs, tableaux et un Don Bosco bienveillant, prêt à nous accompagner.
Présidée par notre évêque, le père Blaquart, la messe festive nous a rassemblés, avec toutes nos couleurs. La présence de quelques uns des prêtres servant la paroisse et ayant pu se rendre disponibles, de nombreux amis et invités, élus et responsables d’hier et d’aujourd’hui dans ce quartier nous a réjouis. Parmi eux, M. Plisson, constructeur de l’église, fier de montrer des documents d’époque, ainsi que de nombreux chrétiens que la vie a éloignés du quartier.
La phrase d’accueil a été prononcée par un jeune enfant soulignant la jeunesse de notre église au nom des jeunes et enfants présents. Le père Riobé, évêque à cette époque, qui avait béni l’église et consacré l’autel, a été évoqué par le rappel de la mission qu’il confiait ce 28 avril 1963 à la communauté de transmettre le message d’espérance du Christ autour de nous.

Mgr Blaquart, dans son homélie, nous a rappelé la démarche missionnaire, insistant sur le vivre ensemble, condition pour un élan renouvelé pour l’annonce de l’évangile et, rappelant les signes nouveaux du Pape François, il nous a incités à nous ouvrir à nos frères, sortir de notre cercle pour rencontrer les autres dans l’église et hors de l’église.
La procession d’offrandes, toute en danse, par des femmes africaines, puis l’encensement par des Laotiens, ont pu surprendre ceux qui découvraient cette église des peuples du monde, comme on aime la décrire. L’autel a été revêtu d’une nappe brodée par plusieurs femmes hmong, l’assemblée a chanté, avec les Portugais, le Notre Père et la chorale a guidée l’assemblée avec des chants de grande beauté.

A la fin de cette belle cérémonie tout le monde a pu échanger autour du verre de l’amitié suivi du repas partagé par plus de deux cents personnes. Nous y avons pris goût et les odeurs et saveurs du monde qui se dégageaient des plats préparés, en abondance, par de nombreuses familles ont contribué à la joie partagée. Le soleil qui, finalement, s’est montré a permis à certains de manger sur les bancs extérieurs.

Puis, ce fut la grande évocation de l’histoire et de la vie de la paroisse, avec de nombreuses animations de l’après midi : mise en scène de tableaux scéniques pour découvrir l’esprit éducatif et religieux de don Bosco, toujours prêt à accueillir les plus pauvres ; concert de la chorale, accompagnée de musiciens du quartier, qui a enrichi, avec qualité, le contenu de cette après-midi ; les danses africaines et hmong, exécutées par des jeunes et des enfants, les graines d’histoire, les photos montage, les témoignages, qui ont contribué à montrer que notre communauté est ancrée dans une histoire qui a suivi l’évolution de la société et se veut active.

Les derniers échanges se sont faits autour d’un goûter dans la salle du presbytère et d’une réalisation des «réseaux d’échanges réciproques de savoirs » mettant en relief les rues du quartier baptisées d’un nom de femme avec l’histoire de chacune d’elles. Quel bel exemple de travail en commun fait par une cinquantaine de personnes !

Que la mission de Saint Jean Bosco
continue pour le bien de tout le quartier de l’Argonne.
Sortez. Allez vers les souffrances du monde !

Notre évêque, visiblement heureux d’être parmi nous, en ce 26 mai 2013, s’est appuyé sur les paroles, d’il y a 50 ans, de Mgr Riobé pour nous confirmer dans la mission qui nous est confiée aujourd’hui pour demain. Extraits :
Pour Mgr Riobé, la nouvelle communauté naissante dans ce quartier et pour laquelle l’église venait d’être bénie, devrait être « une communauté de prière et de charité, enracinée dans sa relation au Christ, comme le rappelle aujourd’hui la lettre pastorale, une communauté qui vit de sa relation avec Lui. C’est ainsi que le chrétien doit manifester la tendresse de Dieu avec et pour tous, être fraternels avec tous. » Se référant au pape François, « plus on va vers le dehors, vers les périphéries, plus nous sommes reconnus comme des disciples du Christ. Heureuse église, à Saint Jean Bosco, qui va vers le dehors, vers les autres, vers les associations… ». « L’Eglise, notre mère, nous a engendrés à la vie de Dieu. Combien de chrétiens ont été engendrés à la vie de Dieu dans cette église de St Jean Bosco ? ». Et, en cette fête de la Trinité, « par le Christ nous comprenons que Dieu est un Père qui nous aime. Cet amour nous n’avons pas le droit de le garder pour nous. S’il nous a pénétrés, s’il nous a donné beaucoup de joie, transmettons le message du Christ autour de nous. C’est un trésor d’amour à partager autour de nous. Continuez à être une véritable Eglise de prière et de charité. Sortez, allez vers les périphéries, ne soyez pas une Eglise amidonnée (Pape François). Allez vers les souffrances de notre monde, c’est là le champ de la mission qui nous est confiée. Que la mission de l’Eglise de Saint Jean Bosco continue pour le bien de tout le quartier ! »

1963/2063 : un avenir avec les peuples du monde !

Présentant les danses des enfants hmong, Joanne nous ouvre à l’avenir de l’Eglise des peuples du monde: «Il en a fallu du temps pour s’apprivoiser les uns les autres. Il en faudra encore pour s’accepter les uns les autres. Dans 50 ans, on fêtera sûrement le centenaire de Don Bosco, il y aura d’autres témoins sur le « vivre ensemble » au sein de la paroisse. Ces enfants et ces jeunes feront partie de ceux qui pourront témoigner de l’histoire de Don Bosco. Nous, les hmong faisons partie de l’histoire de Saint-Jean-Bosco car c’est l’église des peuples du monde». Avec eux , tous les autres, Africains, Laotiens, petits-enfants de Portugais, Asiatiques, Français de tant d’origines et langues, ouverts à tant de cultures. Arriverons-nous… arriveront-ils à garder toujours cette fraîcheur d’un Evangile pour les hommes et femmes de chaque temps? Cent ans, un chemin pour un peuple fait de peuples !

Du travail ? Non… de l’enthousiasme et de la joie. Merci !

Merci à tous ceux qui ont participé à cette journée. Chacun a pu expérimenter le « vivre ensemble », mieux se connaître et repartir avec l’envie de poursuivre le chemin, l’Eglise est un peuple en marche à la suite du Christ. Merci à ceux et celles qui n’ont pas pu venir et qui nous ont envoyé des mots d’amitié. Merci à ceux et celles qui l’ont préparée et animée : nettoyage presbytère et église ; recherche historique ; acteurs des tableaux scéniques et le metteur en scène, Mr Pyf ; la chorale et son chef de cœur ; les musiciens du quartier; Bénédicte et ses tableaux évocateurs et le signet-souvenir ; les groupes de chants et danses Africains, Hmong, Laotiens; réalisateurs vidéo et diapo ; les familles qui ont apporté à manger ; tous les autres, les silencieux.
Reconnaissants, Père Thomas et son conseil pastoral


Une paroissienne nous en parle

Saint Jean Bosco, de toutes les couleurs

Cette église doit être de tous et pour tous, des plus pauvres comme des riches », avait dit l'évêque Guy-Marie Riobé. C’est une vérité que nous vivons aujourd’hui et qui continuera encore longtemps après nous. Mais pour que cette vérité puisse continuer, il faut la relève. Saint Jean Bosco voulait une relève qui marche dans les pas de Jésus. Nos enfants, nos jeunes issus de la migration, sont la relève qui fera que ce vivre-ensemble puisse s’épanouir. Aujourd’hui pour les 50 ans de notre église, les enfants et les jeunes ont été mis en avant pour faire vivre le message de Don Bosco. Les scénettes sur sa vie, les danses africaines, les danses hmong et les chants n’auraient pas cette beauté spirituelle s’il n’y avait pas d’enfants et de jeunes pour y participer. Ils ont été au cœur de chacune de ces activités. Ceux qui étaient jeunes au moment de la construction de l’église sont encore présents aujourd’hui pour nous témoigner de la vie du quartier et de la paroisse à l’époque. C’est eux qui ont construit des liens entre les personnes. Aujourd’hui, cette église devient « l’église des peuples du monde » et elle est toujours l’église des pauvres comme des riches. En effet, l’assemblée dominicale est composée aussi bien de personnes nées dans le quartier que de migrants issus de diverses nationalités. Ils ont tous un point en commun, celui du monde ouvrier et de l’agriculture. Les hmong, par exemple, vivaient de leur culture du riz et du maïs au Laos. Accueillis en France, ils sont devenus ouvriers dans diverses branches professionnelles. Toutes ces différences de cultures deviennent la richesse de l’église de Saint Jean Bosco. Il nous faut continuer à oser aller vers l’autre pour nous rendre compte que cette richesse culturelle est le chemin qui peut nous conduire, chacun et chacune, vers un réel vivre ensemble. Les 50 ans de notre église marquent un pas de tolérance et reconnaissance vers ce que l’on appelle la fraternité. L’interculturalité, pour reprendre les paroles de Père Thomas, nos enfants la vivent entre eux à l’école, au collège, au lycée et dans le quartier. Nos enfants ont besoin d’une identité autre que celle que l’on leur transmet. Alors, ils ont créé des codes verbaux, des codes d’attitudes que nous ne comprenons pas en tant que parents migrants ou issus de la migration. La jeunesse est en train de prendre un tournant décisif. Nous, adultes, parents nous avons peut-être à nous mettre sur les pas de Jésus pour mieux nous connaître afin de mieux comprendre nos enfants. Dans la tourmente du quotidien, nous sommes tantôt brebis égarées, tantôt berger par notre rôle de parents. Notre foi doit nous pousser à mieux connaitre Jésus car c’est de cette manière que nous pourrons laisser nos pas à nos enfants ; les pas qui guident vers une spiritualité qui construit et rassemble l’humanité.

Je tiens aussi à remercier toutes les petites mains qui ont aidé au bon déroulement de cette journée anniversaire en amont et pendant. J’ai vécu un moment de fraternité dans l’élan de solidarité que toutes ces personnes, jeunes, femmes et hommes, ont apporté pour l’accueil du Père Evêque Jacques Blaquart, des autres prêtres et de tous les catholiques rassemblés pour ce jour.
Joanne Yang, cté hmong

Eglise de Saint Jean Bosco - 1963 / 2013
50 ans au service d’un peuple, d’un quartier

Le 26 mai prochain, la communauté chrétienne de Saint Jean Bosco fête le 50ème anniversaire de son église. Mgr Blaquart présidera la célébration eucharistique à partir de 10h30. Après un repas partagé, le quartier est invité à participer à un temps de mémoire et de fête de 14h30 à 17h00.

Le 28 avril 1963, l’église de St Jean Bosco était bénie pour l’Argonne et son autel consacré. Mgr Guy-Marie Riobé, évêque coadjuteur à l’époque, rappelait la signification de cette inauguration la situant dans la « création prochaine d’une nouvelle paroisse dans ce quartier qui formera une communauté de prière et de charité. C’est Dieu parmi vous, à cause de vous, par l’intermédiaire de son Fils. Cette église doit être de tous et pour tous, des plus pauvres comme des riches. Transmettez le message d’espérance du Christ autour de vous pour que son message de paix s’accomplisse ».

Construite sur des terrains offerts par un couple du quartier, l’église Saint Jean Bosco a ouvert ses portes sur un quartier en pleine croissance qui voyait arriver une urbanisation rapide et urgente, c’était l’après-guerre, remplaçant tous les champs et vergers de cette banlieue éloignée d’Orléans.

La paroisse créée, quelques mois plus tard, sur une partie du territoire autrefois confié à la paroisse Saint Marc essaye, depuis le premier jour, de rendre vivantes les recommandations de Mgr Riobé. Accueillant, jour après jour, des populations venues du monde entier, les chrétiens de l’Argonne – prêtres, religieuses, laïcs – cherchent, dans la modestie de leurs moyens, à transmettre le message d’espérance dans ce quartier où tant d’hommes et de femmes de bonne volonté font fleurir le béton gris des rues et clos.

Ce 26 mai 2013, l’église Saint Jean Bosco ouvre ses portes et les chrétiens ouvrent leurs bras à tous ceux et celles, habitants du quartier ou pas, qui souhaitent s’associer à ce temps de mémoire de 50 ans de présence chrétienne - active et engagée - au sein de cette Argonne des peuples du monde.