église Saint Jean Baptiste

Petit historique

L’église telle que nous la voyons date pour la plus grande part du milieu du XII ème siècle. Une lettre de Pierre d’Amboise au roi Louis VII le supplie en effet de protéger et continuer cette construction récemment commencée par Raynard prieur de Semoy. On date généralement le début de la construction entre 1143 et 1147.

Elle a traversé les siècles en gardant l’essentiel de sa structure d’origine. Les protestants avaient bien envisagé de la faire sauter, mais il n’en ont rien fait comme en témoigne une mine retrouvée sous un pilier du clocher en 1896. Le XIX ème siècle lui changea beaucoup plus sa physionomie en remplaçant les derniers arcs en plein cintre de la nef (1 ère travée près du choeur) par des arcs en ogive et en ajoutant les chapelles latérales des fonts baptismaux et de saint Vincent (patron des vignerons).

Au cours du XXème siècle des travaux d’ entretien ont été régulièrement programmés par la commune, l’un des derniers gros chantiers ayant été la restauration complète du clocher dans les années 1970.

Visite de l'église saint Jean Baptiste

Cette église est du premier style gothique, c’est à dire de l’époque où l’on ne s’est pas encore affranchi des contraintes imposées par le roman. Les piliers sont encore massifs, les fenêtres petites et peu nombreuses (il n’ y en a aucune sur les murs de la grande nef), par contre la voûte est d’ ogives soutenues par des chapiteaux aux tailloirs en dent de scie (on dit aussi à tête de clou), et dont les corbeilles sont ornées de motifs végétaux (houx, vigne, chêne). Les chapiteaux sont eux même soutenus par des colonnes engagées ou des pilastres. Les clefs de voûte vers le choeur sont de la même facture avec motifs végétaux.

Dans le choeur de l’église vous pouvez admirer l’autel et le tabernacle du XVIII ème siècle avec leur garniture d’autel XIX ème (croix et chandeliers) surmontés du baldaquin de même époque que l’autel, à droite la piscine liturgique géminée du XII ème siècle redécouverte en 1863 dont les deux cintres sont séparés par une colonnette surmontée d’un chapiteau, (c’est là que le prêtre déposait le pain et le vin au début de la messe et qu’il se lavait les mains à l’offertoire) et la coquille dorée Louis XV surmontant une niche située au fond du choeur découverte seulement en 1962.
Au dessus trois fenêtres à lancette donnent de la clarté à cette partie de l’édifice. Saint Jean Baptiste, le patron de cette église est représenté dans le vitrail de celle du milieu. Le patronage de saint Jean Baptiste donné à cette église indique une origine monastique, saint Jean Baptiste étant le patron des moines, et la paroisse de Saint Jean de Braye dépendant avant la révolution du prieuré de Semoy.




Sur les colonnes des piliers on peut voir les derniers restes de peintures de l’église, il s’ agit des croix de consécration.

Dans la basse nef droite se trouve l’autel de saint Loup, né à Saint Jean de Braye dans le quartier qui porte son nom et qui est devenu archévêque de Sens au VI ème siècle. La statue à droite au dessus de l’autel néogothique le représente ainsi que le vitrail au dessus de l’autel. L’autre statue représente Saint Joseph. Sur le côté une autre fenêtre ornée d’un vitrail consacré à Jeanne d’ Arc rappelle sa victoire sur les Anglais à la bastille Saint Loup en 1429.

Dans l’encoignure se remarque une niche évidée à entourage en pierre taillée dont il manque la porte, ancien placard de rangement pour les objets du culte ou tabernacle.

En continuant à remonter cette basse nef nous trouvons la chapelle Saint Vincent au fond de laquelle se trouve un petit rétable orné d’un tableau le représentant. C’est l’ occasion de nous souvenir que jusqu’ au début du siècle, la vigne constituait une des principales ressources de Saint Jean de Braye. Incrusté dans le plafond nous pouvons admirer un vitrail de facture moderne représentant le Saint Esprit. A la clé de voûte de la basse nef on voit les restes d’une sirène.
Suit un tableau représentant la visitation.
Une fenêtre percée au XIX ème siècle à hauteur d’homme porte un cadre à l’intérieur duquel ont été collées deux peintures sur papier, une adoration des mages et un jugement dernier. Le dernier vitrail de cette basse nef, près de la porte d’entrée représente la Sainte Famille.

En continuant de faire le tour de l’église vous passez sous une tribune qui n’a jamais porté d’orgues et admirez les jolis occulus et leurs vitraux modernes au dessus des petites portes (l’un est décoré de l’alpha et l’autre de l’oméga, première et dernière lettres de l’alphabet grec qui rappellent aux chrétiens que le Christ est à l’origine et à la fin de tout) et vous arrivez dans la basse nef nord. Celle ci porte peu de fenêtres du fait des constructions qui s’adossent à cette basse nef (actuellement l’école de musique, autrefois école primaire). Un premier vitrail représente saint Michel.



Suit la chapelle des fonts baptismaux construite en 1850 “pour que les élèves de l’école des garçons y aient leur place et soient sous la surveillance de leur instituteur”. Les fonts baptismaux sont en pierre, recouverts d’un élégant couvercle en bois. Aux fenêtres ont été placés deux vitraux représentant les armes des bénédictins en souvenir de l’abbaye de saint Loup.



La chapelle de la Vierge date de 1896 dans sa disposition actuelle. Sur le côté, en vitrail: Notre Dame de Lourdes et au dessus de l’autel une assomption. C’est devant cette chapelle dans la basse nef qu’a été enterré au XVIII ème siècle le curé Lecointe qui a laissé tant de notes sur la vie quotidienne et les évènements Abraysiens de son temps.


Vous pouvez maintenant remonter la grande nef en admirant deux tableaux qui se font face, un saint Loup veillant sur la ville de Sens dont il était l’archévêque, qui provient de l’ abbaye de saint Loup et une vierge à l’enfant de même provenance. En jetant un coup d’oeil sur l’entrée de l’église on s’aperçoit que la grande porte n est pas centrée à cause de l’escalier d’accès à la tribune et au clocher. Au dessus une fenêtre gothique flamboyante ajoure le pignon et donne l’essentiel de sa lumière à l’église.

Au dehors, admirez l’ensemble de la façade en allant au fond de la place. La tourelle accolée à la grande porte s’orne de quelques modillons remarquables sous son toit en bâtière.

Le clocher a été restauré entièrement en 1976 et porte fièrement 4 cloches que nous pouvons apercevoir. Elles se nomment Victoire (de 1805, 235 kg, sonne le si), Claire (de 1804, 355kg, sonne le la), Charlotte - Nicole (de 1903, 202 kg, sonne le do) et Jeanne d’Arc - Marguerite (de 1903, 514 kg, sonne le sol).




La dernière étape de la visite consiste à aller dans le jardin public derrière l’église et à admirer le chevet de celle ci.

Intérieur de l'église saint Jean Baptiste

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